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4 Avr 2020
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Lisez-vous vos livres rares?


Une question profane qui revient souvent vers nous, libraires de livres rares et anciens, est celle de savoir si nos clients "lisent les livres de leur collection?"...

Selon une idée encore répandue (et alimentée - il faut bien le dire - par les portraits qui en sont faits dans la littérature depuis le 19e siècle), les bibliophiles seraient des "fétichistes du livre" obsédés par toutes sortes de détails insignifiants pour le reste du monde et pour qui la possession d'un ouvrage représenterait, au final, l'essentiel de l'intérêt qu'ils éprouvent pour le livre.

En tant que libraire je crois que je suis bien placé pour avoir une opinion sur la question (et la lecture des interventions formulées par nos lecteurs sur les différents billets de ce blog nous donne sans aucun doute des indices de réponse!) mais avant de témoigner... j'aimerais lire vos propres réactions! Je me limiterai donc à vous donner la première phrase de ma réponse: "oui, mes clients savent tous lire!...".

A vous de poursuivre maintenant!

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L'Amour (des livres) aux temps du COVID-19
posté par  Julien à  15:08 | commentaires [13]


COMMENTAIRE DE L'ARTICLE


posté par   MARIVAUX (P. de) 4 Avr 2020 à 17:31
Je lis professionnellement les livres anciens, puisque c'est ma fonction de chercheur et d'Universitaire. Presque tous les jours...
 


posté par   VOLTAIRE 4 Avr 2020 à 18:33
Paffionné par l'hiftoire du théâtre et de la danfe, j'ai lu (prefque) tous les livres que j'ai acquis sur le fujet (du XVIe au XXIe fiecle). Et oui, je fais faire la différence entre un s et un f !...
 


posté par   JULIEN 4 Avr 2020 à 18:41
[:haha:] voilà un zozotement très éloquent cher "VOLTAIRE"
 


posté par   BUSSY-RABUTIN (R. de) 4 Avr 2020 à 19:54
C'est même en lisant mes livres anciens que j'ai découvert que certaines éditions de luxe (papier ou reliure) du XX siècle pouvaient ne pas être fidèles aux textes publiés au XVI, au XVII ou au XVIII siècle. D'où la nécessité de retourner au texte, avant de se livrer aux joies du commentaire.
Et puis, il y a le plaisir de redécouvrir des auteurs injustement disparus des catalogues comme Noël du Fail [réédité récemment], Courtilz de Sandras, Rose Caumont de la Force, Mme de Villedieu... (qui n'étaient accessibles qu'en bibliothèque), voire Alain-René Lesage, Robert Challe ou Mouhy (ces trois derniers republiés il y a peu respectivement chez Champion et Garnier)
 


posté par   APOLLONIOS DE RHODES 4 Avr 2020 à 20:06
OUI et non .lorsqu'il s'agit d'un roman ou d'un recueil de poésies ,je les lis bien sûr ,sinon je ne les achèterais pas . Mais lorsqu'il va s'agir de livres que j'achète pour de la documentation au sens large , je ne les lirai qu'à propos des sujets qui m'intéressent . Tous mes livres, à un moment ou à un autre , ont été pratiqués . Mais je ne nierai pas l'aspect légèrement "fétichiste" de mes acquisitions ,les exemplaires doivent être agréables à regarder !
 


posté par   APPOLONIOS DE PERGÉ 4 Avr 2020 à 20:07
Cher Julien Comellas,

Oui ! je suis un"bibliomane", je l'avoue : j'aime avoir sous la main les ouvrages dont j'ai professionnellement besoin : ils sont innombrables et les bibliothèques ne sont pas toujours commodes ni performantes… sans compter que j'ai connu un certain nombre de conservateurs pour qui "le lecteur, c'est l'ennemi", il est vrai qu'ils ont parfois affaire à des vandales…

Les éditions nouvelles apportent des nouveautés (pensez que la vieille édition très honorable, de "La Recherche" dans la Pléiade, comportait 3 volumes d'environ (de mémoire) 1000 pages chacun, tandis que la dernière en comporte 4 de plus de 1500 pages chacun ! cette "dernière" édition n'annule pas les précédentes qui ont une signification historique et quelque charme, voire quelque valeur.

Pourquoi rêver sur les éditions anciennes, parfois les acquérir si on en a les moyens ? elles offrent de précieux renseignements sur l'histoire du texte. Et puis, lire une édition ancienne contemporaine de l'auteur, ça vous a un charme délicieux : le papier, les caractères, la mise en page, la reliure, l'odeur même de vieille vieillerie : "Le discours de la méthode" dans l'édition in 4° du dix-septième, "çà vous a une autre gueule". Lire Platon ou les poètes grecs imprimés avec les caractères d’ Ange Vergèce, gravés par Garamond, c’est aussi quelque chose !

Oui ! je suis un "liseur", je ne suis pas comme certains bibliophiles : je manipule mes livres. II ne me déplaît pas qu'ils aient un belle reliure, mais c’est sans compter qu'ils atteignent souvent des prix au-dessus de mes moyens, et restent souvent confinés dans une bibliothèque close ou, pire, dans un coffre-fort. Il me plaît qu'ils soient en bon état, mais, faute de mieux, j'accepte qu'ils soient dépenaillés, je les rafistole un peu en essayant de ne pas les martyriser irrémédiablement.

Last but not least ! Il me plaît de dépouiller les catalogues bien faits rédigés par des libraires tels que vous, même si vos prix dépassent mes moyens, je m'y instruis agréablement. Ils me font aussi rêver.

J'aurais sans doute mille choses encore à dire, mais pour retraité que je sois, il me faut retourner à mon labeur livresque.

Bien amicalement à vous

PS En me donnant comme Pseudo "Apollonios de Pergé", vous me flattez ! Les "Coniques" sommeillent dans un coin de ma bibliothèque : c'est un traité pointu et ardu !
 


posté par   CELSE 4 Avr 2020 à 21:16
Bien que prédécesseur (par pseudonyme interposé) du ferrarais Fallopio, je ne dispose d'aucun cheveu sur la langue, à la différence de Voltaire, cheveu éventuellement susceptible de grivoise méprise, sachant que la trompe peut aussi servir, selon Eustache, d'organe plus haut situé que celles de certain genre et...purement auditif quant à lui, bien que, selon Rabelais, médecin lui aussi, Gargantua vit le jour non pas par le bas, mais en sortant de l'oreille gauche de sa mère...
Bref, patron de certaine tétrade, incluant tumor, rubor, calor et dolor, suerais-je sang et eau à la lecture de mes livres anciens ? Et bien oui !
Si j'avoue ne pas toujours tout en comprendre jusqu'à la lie, j'ai tout de même aussi fait mienne la devise de Gaston Fébus : "Et comme les veneurs mangent peu et suent toujours, ils doivent vivre longtemps et en bonne santé" ne dédaignant pas non plus Rabelais encore et son "beuvez toujours, vous ne mourrez jamais"...
 


posté par   BANVILLE (T. de) 4 Avr 2020 à 23:29
Cette idée de fétichisme est absolument contraire à mes principes.je demande à un texte de pouvoir servir à des recherches, ou de pouvoir approfondir un point que je ne connais pas. Ce qui suppose ne pas rechercher nécessairement des textes très connus. sans faire l'impasse sur les classiques, si l'édition est belle et érudite.
On peut, il est vrai tomber sur un livre qui reste longtemps non lu, soit parce qu'il ne s'intègre pas à un axe de recherche dans l'immédiat, soit parce qu'il n'est pas toujours facile à lire.je pense au Stimulus Pastorum de Bartholomé des Martyrs, paru pendant la Ligue en 1580 à Paris, qui est resté longtemps inemployé jusqu'à ce que je m'intéresse à cette période. Je l'ai alors consulté.la meme aventure est arrivée au De La Constance de Juste Lipse que j'avais dans son édition bernoise traduite circa 1606. Je l'ai consulté parce qu'il y était question de Jeanne d' Arc, et le l'ai lu ensuite. Ces deux aspects, lecture et consultation, marqués sur mes registres par les lettres L ou C sont indissociables d'une démarche de chercheur. Si je prends l'exemple du Droit Coutumier et de la Coutume de Bretagne, il va de soi qu'il faut avoir les textes meme si on ne les lit que pour certains aspects. Ici Du Mariage et des Mineurs. Après, il y a toujours une file d'attente, et elle touche aussi des ouvrages contemporain commentant le matériau ancien, mais elle se réduit en fonction des propositions de travail pour tel ou tel colloque ou revue… Et étant passé du Théâtre à la Mystique du XVIIème via l'Esotérisme, c'est pourquoi le recueil de Suzette Labrousse m'avait intéressé en son temps, et le Romantisme, je crois à la nécessité d'exploiter mes ressources, ne succombant pas au vain plaisir qu'ont certains d'orner leurs murs.
Bien cordialement. en regrettant de ne plus vous voir et en sachant que ça ne va pas s'arranger.
MCourt
 


posté par   SHAKESPEARE (W.) 5 Avr 2020 à 11:16

Quel plaisir et quel charme d’avoir parfois entre les mains une de ces petites œuvres du passé qui, dans une langue naïve et savoureuse, décrivent les pensées, les réflexions, les rêves, les révoltes ou les amours d’un auteur oublié … Les auteurs qui ont traversé le temps et suscitent encore l’intérêt des générations qui les ont succédé, vivent toujours dans les éditions et les études, mais personne ne réimprime ni ne parle des écrivains obscurs qui dorment dans ces vigies de la mémoire que sont les bibliothèques publiques où, au fil du temps, ils ont échoué. Seul l’univers de la bibliophilie nous offre parfois, au hasard d’une trouvaille, la chance de les redécouvrir, de les lire et, par là, de le faire revivre.

 


posté par   MAUPASSANT (G. de) 5 Avr 2020 à 17:13
Bonjour à tous!
En tant qu'adolescente et lectrice passionnée, je constate dans mon entourage qu'à mon niveau, les enfants ont du mal à lire les ouvrages qui nous sont donnés en classe.
Je remarque aussi qu'un jour, je ne sais pas pourquoi, je saisis un livre qui ne m'avait jamais attirée auparavant.
Les collectionneurs font des achats volontaires. On peut donc espérer que s'ils ont choisi un livre pour sa reliure ou sa valeur, ils pourront peut être un jour se plonger dans sa lecture.
 


posté par   LAGRANGE (J. L.) 5 Avr 2020 à 19:08
Bonjour à tous,

Il ne m'est jamais arrivé d'acheter un livre en pensant ne pas le lire (à l'exception d'un fac similé du manuscrit de Voynich :-)). Il y a quelques années, j'ai acquis une édition fin dix-neuvième des mémoires du duc de Saint Simon. J'ai mis un point d'honneur à la lire, ce qui m'a quand même pris quelques années ! Je me rappelle avoir eu beaucoup de plaisir à lire l'histoire des guerres et des négociations qui précédèrent la paix de Westphalie dans une édition de la fin du dix-huitième siècle.

Il m'arrive souvent d'acheter des livres qui présentent mal. Je pense à la bibliothèque latine française de Panckoucke. J'ai été très intéressé par les textes de Sulpice Sévère (je ne l'aurais jamais cru avant de les lire). Souvent, je trouve les préfaces de ces livres extraordinairement bien écrites.

En fait, j'aime les livres anciens pour certaines phrases ou tournures de phrases qu'on y rencontre, où l'auteur met un peu plus de lui-même qu'à l'ordinaire. En les lisant dans les éditions anciennes, j'ai un sentiment de complicité avec l'auteur et les lecteurs qui m'ont précédé que je n'aurais pas dans un livre neuf.

Enfin, pour des raisons liées à ma profession, je cherche des éditions originales d'ouvrages scientifiques du vingtième siècle (des livres d'algèbre notamment - d'où le choix de mon pseudonyme) et je les utilise, au grand étonnement de mes collègues : la lecture des livres se mble se perdre, même dans les universités.
 


posté par   SÉGUR (comtesse de) 6 Avr 2020 à 15:13
Que seraient nos livres si nous les réduisions à des formes inertes sur nos bibliothèques ! Bien sûr nous aimons leur contact, leur odeur, jusqu'à leurs rides parfois, mais s'il en est ainsi, c'est parce que nous les lisons et savourons jusqu'à leurs "préfaces", comme le fait remarquer Lagrange.
Mais, il faut avouer aussi, que possédant une édition "courante" d'un conte, un fablier ou recueil poétique,etc. je suis attirée par d'autres éditions pour leur qualité iconographique ou typographique. Et pour ces dernières je me contente de les admirer. Je les savoure en les feuilletant délicatement!
 


posté par   BANVILLE (T. de) 12 Avr 2020 à 17:01
je peux comprendre cet intérêt pour Sulpice Sévère. Moi , ce fut Sidoine Apollinaire, dont les Lettres, très claires, sont à l'opposé des poèmes, pour le moins chantournés.