21 Fév 2026
Brûlons nos livres… on a internet

En ce jeudi 19 février 2026 est apparu, dans le flux imparable des articles qui voient le jour quotidiennement sur la toile, ce titre qui a retenu mon attention : « Brûlons nos livres : la vantardise de ceux qui ont la plus grande bibliothèque ». Publié par El Mundo, grand quotidien espagnol d’inspiration libérale de centre droit, l’article est signé Iñako Díaz-Guerra : journaliste né en 1977, diplômé en journalisme de l’Université Complutense de Madrid, chef de la section Sports du journal, dont la notice précise qu’il « dédie pas mal de temps à écrire des prologues pour des livres écrits par d’autres, parce qu’il éprouve une horrible flemme à en écrire un lui-même ».
Le sous-titre annonce la couleur : « Pourquoi concédons-nous aux livres un statut supérieur à celui d’autres produits culturels ? Si votre réponse n’est pas que c’est “par pure vantardise”, vous mentez ou vous vous mentez à vous-même. »
Puisque le choix se limite à ces deux options, selon Don Iñako, je dois avouer que j’ai passé l’essentiel de ma vie à me mentir. J’ai grandi entouré de livres, j’ai appris à penser, à sentir et à m’exprimer avec eux, et j’ai fait métier d’en rassembler le plus grand nombre possible avant de les disperser auprès d’autres vantards comme moi — qui s’ignoraient probablement tout autant.
Vous l’avez compris, je ne suis pas un observateur neutre. Je n'accumule pas des livres pour accorder une étagère à la couleur d’un mur. Mais plutôt que de prendre place dans le débat de la supposée posture des amoureux des livres et des possesseurs de bibliothèques (quelle que soit leur taille), c'est surtout l’invitation à « brûler nos livres » qui m'a encouragé à réagir.
Une telle injonction a, en effet, quelque chose de légèrement écoeurant à lire. Pour le libraire que je suis, dans le monde d'aujourd'hui qui semble parfois assumer (à tort, dois-je m'empresser de dire) un futur d'où le livre aurait disparu, l'appel décomplexé à brûler ceux qui restent prend des allures d'acharnement sadique!
Alors, posture et vantardise? Je vous laisse apporter vos réflexions. Sans allumettes!
Eh bien non je ne brûlerai pas mes livres et je persisterai au fond de ma bibliothèque à poser seul devant mes rayonnages pour faire bisquer les médiathèques vides et me hausser du col devant ma glace.
Au fait, si les livres n’intéressent plus personne je me demande bien quelle vantardise en tirer. Peut-être font-ils encore peur ?
La solution a déjà été évoquée : il faut brûler l’originale de « Fahrenheit 451 ».
Au fait, si les livres n’intéressent plus personne je me demande bien quelle vantardise en tirer. Peut-être font-ils encore peur ?
La solution a déjà été évoquée : il faut brûler l’originale de « Fahrenheit 451 ».
Ce texte est un pamphlet ironique contre le fétichisme de la bibliothèque plus qu’un appel réel à l’autodafé. Malgré le titre provocateur (« Brûlons nos livres »), l’auteur ne détruit aucun livre, avoue même son incapacité à s’en séparer, ce qui crée un décalage volontaire entre le discours et la pratique. Le texte critique surtout le livre comme objet décoratif et marqueur social, la bibliothèque comme symbole de prestige culturel, plutôt que la lecture elle-même.
Vue depuis la pratique du libraire comme depuis la réflexion du bibliophile, la bibliothèque n’est ni un décor ni un stock d’objets condamnés à l’inertie : elle est un lieu de durée et de transmission. Le livre n’y est pas défini par sa relecture immédiate mais par la chaîne de regards qu’il traverse. Chaque exemplaire — avec sa reliure, ses marges, ses provenances, ses traces d’usage — porte l’histoire de ceux qui l’ont choisi, conservé et transmis ; il n’est pas possédé, il est confié.
Réduire le livre à son utilité mesurable revient à méconnaître sa nature. Comme une œuvre accrochée au mur ou un disque posé sur une étagère, sa simple présence construit une géographie intérieure, une mémoire visible des curiosités et des fidélités. Une bibliothèque est ainsi une architecture de l’esprit autant qu’un organisme vivant, fait de manques, de trouvailles, de désirs différés et de rencontres futures.
Car les livres immobiles ne sont pas morts : ils attendent. Ils attendent un lecteur à venir, un héritier, un amateur, un inconnu. Même dispersées, les bibliothèques renaissent ailleurs, poursuivant une circulation lente qui s’oppose à la logique contemporaine du flux et de l’oubli. Dans cette perspective, conserver un livre — qu’il soit modeste ou précieux — devient un acte de résistance à l’amnésie et une confiance dans la durée de la culture.
Ainsi comprise, la bibliothèque domestique ou de librairie n’est pas un signe social mais une promesse : celle que ce qui nous a précédés et dépassera notre propre lecture continuera de vivre par la matérialité même des exemplaires et par la succession de ceux qui les reconnaîtront.
Pour l’usage des bibliothèques qui ne servent pas :
Je suis libraire de livres anciens. Autant dire que je vis entouré de volumes dont la plupart ne seront jamais “relus” — du moins pas au sens où l’entend notre époque, qui confond la lecture avec l’usage immédiat et l’objet avec sa fonction. Chaque jour, je décris des exemplaires qui ont traversé deux, trois, parfois quatre siècles. Leur premier possesseur ne les a pas davantage “rentabilisés” que nous. Il les a choisis, fait relier, placés sur un rayon. Puis ils ont changé de mains. Ils portent aujourd’hui un ex-libris, un chiffre doré au dos, des annotations. Voilà leur véritable lecture : une succession de regards. On me dit : à quoi bon garder un livre que l’on n’ouvrira plus ? Je réponds : à quoi bon conserver un tableau que l’on ne regarde pas chaque jour ? Une commode que l’on n’ouvre qu’une fois l’an ? La bibliothèque n’est pas un stock, c’est une architecture intérieure. Dans ce métier de libraire, il n’y a pas “le” livre — il y a un exemplaire. Celui-ci est resté à toutes marges, celui-là est en maroquin d’époque, cet autre provient d’une vente ancienne dont le catalogue fait encore autorité. Il m’arrive de retrouver, au détour d’un feuillet, la trace d’un confrère disparu. Ces signes composent une chaîne silencieuse à laquelle je n’ajoute qu’un maillon. On parle beaucoup aujourd’hui de l’objet-livre comme d’un fétiche décoratif. Ceux qui disent cela n’ont jamais tenu en main un volume qui a conservé sa couvrure d’attente, ni attendu des années pour compléter un titre manquant. Une bibliothèque n’est pas une scénographie : c’est un organisme vivant, fait de manques, de trouvailles, de remplacements, de désirs différés. Je vois passer des bibliothèques entières. Certaines ont été réunies avec une patience admirable. Lorsque je les décris, je sais qu’elles seront dispersées — c’est la loi de ce commerce — mais je sais aussi qu’elles renaîtront ailleurs, autrement ordonnées, autrement aimées. Aucun livre n’est immobile : il est en voyage. Ce que l’on appelle aujourd’hui la poussière est simplement le temps visible. Et je me méfie de cette époque qui veut que tout circule, se prête, se donne et disparaisse. Le livre ancien nous apprend le contraire : il nous rappelle que nous ne sommes que les dépositaires provisoires d’objets qui nous survivront. Nous ne les possédons pas, nous les conservons.
Lorsque je ferme le soir ma librairie, je ne vois pas des rangées de volumes inutiles. Je vois une réunion d’exemplaires en attente — attente d’un regard qui saura les reconnaître, d’une main qui comprendra leur état, d’un lecteur qui, peut-être, ne les lira pas davantage que les précédents, mais qui poursuivra leur histoire. C’est à cela que sert une bibliothèque.
Vue depuis la pratique du libraire comme depuis la réflexion du bibliophile, la bibliothèque n’est ni un décor ni un stock d’objets condamnés à l’inertie : elle est un lieu de durée et de transmission. Le livre n’y est pas défini par sa relecture immédiate mais par la chaîne de regards qu’il traverse. Chaque exemplaire — avec sa reliure, ses marges, ses provenances, ses traces d’usage — porte l’histoire de ceux qui l’ont choisi, conservé et transmis ; il n’est pas possédé, il est confié.
Réduire le livre à son utilité mesurable revient à méconnaître sa nature. Comme une œuvre accrochée au mur ou un disque posé sur une étagère, sa simple présence construit une géographie intérieure, une mémoire visible des curiosités et des fidélités. Une bibliothèque est ainsi une architecture de l’esprit autant qu’un organisme vivant, fait de manques, de trouvailles, de désirs différés et de rencontres futures.
Car les livres immobiles ne sont pas morts : ils attendent. Ils attendent un lecteur à venir, un héritier, un amateur, un inconnu. Même dispersées, les bibliothèques renaissent ailleurs, poursuivant une circulation lente qui s’oppose à la logique contemporaine du flux et de l’oubli. Dans cette perspective, conserver un livre — qu’il soit modeste ou précieux — devient un acte de résistance à l’amnésie et une confiance dans la durée de la culture.
Ainsi comprise, la bibliothèque domestique ou de librairie n’est pas un signe social mais une promesse : celle que ce qui nous a précédés et dépassera notre propre lecture continuera de vivre par la matérialité même des exemplaires et par la succession de ceux qui les reconnaîtront.
Pour l’usage des bibliothèques qui ne servent pas :
Je suis libraire de livres anciens. Autant dire que je vis entouré de volumes dont la plupart ne seront jamais “relus” — du moins pas au sens où l’entend notre époque, qui confond la lecture avec l’usage immédiat et l’objet avec sa fonction. Chaque jour, je décris des exemplaires qui ont traversé deux, trois, parfois quatre siècles. Leur premier possesseur ne les a pas davantage “rentabilisés” que nous. Il les a choisis, fait relier, placés sur un rayon. Puis ils ont changé de mains. Ils portent aujourd’hui un ex-libris, un chiffre doré au dos, des annotations. Voilà leur véritable lecture : une succession de regards. On me dit : à quoi bon garder un livre que l’on n’ouvrira plus ? Je réponds : à quoi bon conserver un tableau que l’on ne regarde pas chaque jour ? Une commode que l’on n’ouvre qu’une fois l’an ? La bibliothèque n’est pas un stock, c’est une architecture intérieure. Dans ce métier de libraire, il n’y a pas “le” livre — il y a un exemplaire. Celui-ci est resté à toutes marges, celui-là est en maroquin d’époque, cet autre provient d’une vente ancienne dont le catalogue fait encore autorité. Il m’arrive de retrouver, au détour d’un feuillet, la trace d’un confrère disparu. Ces signes composent une chaîne silencieuse à laquelle je n’ajoute qu’un maillon. On parle beaucoup aujourd’hui de l’objet-livre comme d’un fétiche décoratif. Ceux qui disent cela n’ont jamais tenu en main un volume qui a conservé sa couvrure d’attente, ni attendu des années pour compléter un titre manquant. Une bibliothèque n’est pas une scénographie : c’est un organisme vivant, fait de manques, de trouvailles, de remplacements, de désirs différés. Je vois passer des bibliothèques entières. Certaines ont été réunies avec une patience admirable. Lorsque je les décris, je sais qu’elles seront dispersées — c’est la loi de ce commerce — mais je sais aussi qu’elles renaîtront ailleurs, autrement ordonnées, autrement aimées. Aucun livre n’est immobile : il est en voyage. Ce que l’on appelle aujourd’hui la poussière est simplement le temps visible. Et je me méfie de cette époque qui veut que tout circule, se prête, se donne et disparaisse. Le livre ancien nous apprend le contraire : il nous rappelle que nous ne sommes que les dépositaires provisoires d’objets qui nous survivront. Nous ne les possédons pas, nous les conservons.
Lorsque je ferme le soir ma librairie, je ne vois pas des rangées de volumes inutiles. Je vois une réunion d’exemplaires en attente — attente d’un regard qui saura les reconnaître, d’une main qui comprendra leur état, d’un lecteur qui, peut-être, ne les lira pas davantage que les précédents, mais qui poursuivra leur histoire. C’est à cela que sert une bibliothèque.
Je lis cet article avec étonnement et tristesse. Bien sûr, je l’avoue, dans ma jeunesse, j’ai bien eu cette envie de brûler les livres ennuyeux qui m’empêchaient d’aller jouer… Mais avec l’âge, je réfléchis autrement et je trouve vos esprits modernes trop pressés à détruire tout ce que vous n’avez pas encore eu le temps d’embrasser. Qui remplacera l’ami livre qui vous attend sans reproche , qui sitôt repris en main, vous parle , vous conseille, vous console et vous ouvre des mondes nouveaux, inconnus ? Gardez vos livres, construisez votre propre bibliothèque cela ne vous empêchera pas d’utiliser avec prudence le merveilleux outil de votre époque qu’est internet ! Attention . ne perdez pas votre âme…
Quand je fumais , je disais que la cigarette était un vice et le cigare qui fait appel au 5 sens était un art. De même pour moi ce qui permet de "lire" autrement que dans un livre est un un ersatz alors que le livre ancien et même plus récent, et en particulier le beau livres relève de l'art de vivre. Tant pis pour ceux qui hélas ne le comprennent pas. Pour moi c'est un grand plaisir de prendre un livre dans ma bibliothèque et d'en lire tout ou partie, au hasard ou parce que je viens de voir la télévision massacrer un ouvrage qui m'est cher.Quand il est ancien il mérite en plus le respect car il participe à notre culture et notre histoire. J'ai été éduqué dans le respect des vieillards et quel qu'ils soient. Le non respect de ce principe conduisait à une sanction immédiate: Pourquoi seriez vous modéré avec ceux qui manque de respect à notre culture?
Bruler les livres a été la force intérieure de Hitler et nous voyons le résultat de sa stratégie. Par exception j’ai pu obtenir un exemplaire de la bibliothèque impériale de Berlin. Heureusement qu’il nous reste des exemplaires du Domesday book et des exemplaires de la déclaration des droits de l’homme
Un bon jour une erreur détruit ou délites la totalité des données stockées de votre ordinateur, comme malheureusement est arrivé à notre collègue de Liège.
Un bon jour une erreur détruit ou délites la totalité des données stockées de votre ordinateur, comme malheureusement est arrivé à notre collègue de Liège.
à l'intention du confrère espagnol...
Cher Collègue,
vous avez raison, brûlons nos livres surtout au moment des Jeux Olympiques d'hiver, ça fera fondre la glace et la neige aussi artificielles que l'IA....Brûlons les, puisque ceux qui les commentent ne font pas assez de musculation pour les ouvrir...Ils célèbrent les muscles des autres à longueur de temps, mais eux ignorent ce que c'est qu'un muscle...Moyennant quoi, faute d'ouvrir des livres, faute de tourner des pages (tendinite redoutée) ils ne connaissent rien à l'histoire du sport, et du coup sont obligés de commenter un match de hockey-sur-glace comme le ferait Gobsek, "c'est le joueur le plus payé du Canada...Aux Etats-Unis, c'est....John, qui gagne plus, et pas un autre..."Il fait du 39 km/h...Des datas, des dollars, et rien d'autre...L'âme des Jeux, elle est là, dans les livres, dans les pages, dans les anecdotes vibrantes, édifiantes, humaines....
Dans la cérémonie de clôture, sur la télé française, on cite une fois, une seule fois, Coubertin "parce qu'il a inventé le drapeau olympique"...On ne dit pas qu'il a rénové les Jeux, qu'il a eu une activité prodigieuse, que c'était un visionnaire, que les Jeux d'hiver, c'est aussi lui....Et il a fait ça contre vents et marées, en particulier des journalistes jaloux de lui, de son talent, de son éclectisme, de sa puissance de travail...Il a fait du ski, et du hockey-sur-glace, mais pas un mot, sacrilège....Se documenter, c'est pêché....Ouvrez donc les livres, oui, et sans à priori...Commencez donc par ceux de Coubertin sur l'histoire, sur l'astronomie, sur l'Amérique...Relisez son roman, svp....Autrement, vous allez perdre la mémoire, la reconnaissance du ventre et l'intelligence du coeur !!! On défend les arbres, fort justement, et dans le même temps, on oublie nos racines, les racines...Et chérir un arbre sans racine, cher collègue, c'est chérir un porte-manteau. Et si Coubertin n'était pas parfait, c'est encore lui, le père Noël des Jeux d'hiver...et des Jeux d'été....
Jules Romains....
ps ailleurs, en football, on "pèse" en millions d'euros le banc des remplaçants...Commentateurs ou maquignons ? Le livre mettait un peu à l'abri de ce dernier travers....Un banc de moules de 500 kg pèse-t-il plus ou moins lourd qu'un banc de remplaçants de 500 kg ?
ps2 pensée émue pour la spécialiste olympique du half-pipe, qui a perdu son smartphone en vol !!! Même à Chamonix en 1924, aucun sauteur au tremplin ne s'était délesté d'un livre...On n'arrête pas le progrès, surtout en vol....On n'est pas esclave d'une bibliothèque, mais d'un smartphone, si. Du coup, le remède, que sous-entend probablement notre astucieux collègue, c'est que si on brûle complètement notre bibliothèque, meuble compris, on aura les doigts dans un tel état qu'on se délivrera de l'esclavage du smartphone...En effet, on ne pourra plus faire poucette, mais pouet-pouet...Souriez....Vous êtes filmés par une caméra en papier...
ps3 dernière pensée, veloutée, celle-là, pour Edith Piaf qui faisait lire Marcel Cerdan...et le dernier mot pour Mitterrand, qui aimait les livres parce qu'ils lui avaient appris à faire la différence entre le bon grain et l'ivraie...On peut bruler l'ivraie, pas le bon grain de la vie...
Cher Collègue,
vous avez raison, brûlons nos livres surtout au moment des Jeux Olympiques d'hiver, ça fera fondre la glace et la neige aussi artificielles que l'IA....Brûlons les, puisque ceux qui les commentent ne font pas assez de musculation pour les ouvrir...Ils célèbrent les muscles des autres à longueur de temps, mais eux ignorent ce que c'est qu'un muscle...Moyennant quoi, faute d'ouvrir des livres, faute de tourner des pages (tendinite redoutée) ils ne connaissent rien à l'histoire du sport, et du coup sont obligés de commenter un match de hockey-sur-glace comme le ferait Gobsek, "c'est le joueur le plus payé du Canada...Aux Etats-Unis, c'est....John, qui gagne plus, et pas un autre..."Il fait du 39 km/h...Des datas, des dollars, et rien d'autre...L'âme des Jeux, elle est là, dans les livres, dans les pages, dans les anecdotes vibrantes, édifiantes, humaines....
Dans la cérémonie de clôture, sur la télé française, on cite une fois, une seule fois, Coubertin "parce qu'il a inventé le drapeau olympique"...On ne dit pas qu'il a rénové les Jeux, qu'il a eu une activité prodigieuse, que c'était un visionnaire, que les Jeux d'hiver, c'est aussi lui....Et il a fait ça contre vents et marées, en particulier des journalistes jaloux de lui, de son talent, de son éclectisme, de sa puissance de travail...Il a fait du ski, et du hockey-sur-glace, mais pas un mot, sacrilège....Se documenter, c'est pêché....Ouvrez donc les livres, oui, et sans à priori...Commencez donc par ceux de Coubertin sur l'histoire, sur l'astronomie, sur l'Amérique...Relisez son roman, svp....Autrement, vous allez perdre la mémoire, la reconnaissance du ventre et l'intelligence du coeur !!! On défend les arbres, fort justement, et dans le même temps, on oublie nos racines, les racines...Et chérir un arbre sans racine, cher collègue, c'est chérir un porte-manteau. Et si Coubertin n'était pas parfait, c'est encore lui, le père Noël des Jeux d'hiver...et des Jeux d'été....
Jules Romains....
ps ailleurs, en football, on "pèse" en millions d'euros le banc des remplaçants...Commentateurs ou maquignons ? Le livre mettait un peu à l'abri de ce dernier travers....Un banc de moules de 500 kg pèse-t-il plus ou moins lourd qu'un banc de remplaçants de 500 kg ?
ps2 pensée émue pour la spécialiste olympique du half-pipe, qui a perdu son smartphone en vol !!! Même à Chamonix en 1924, aucun sauteur au tremplin ne s'était délesté d'un livre...On n'arrête pas le progrès, surtout en vol....On n'est pas esclave d'une bibliothèque, mais d'un smartphone, si. Du coup, le remède, que sous-entend probablement notre astucieux collègue, c'est que si on brûle complètement notre bibliothèque, meuble compris, on aura les doigts dans un tel état qu'on se délivrera de l'esclavage du smartphone...En effet, on ne pourra plus faire poucette, mais pouet-pouet...Souriez....Vous êtes filmés par une caméra en papier...
ps3 dernière pensée, veloutée, celle-là, pour Edith Piaf qui faisait lire Marcel Cerdan...et le dernier mot pour Mitterrand, qui aimait les livres parce qu'ils lui avaient appris à faire la différence entre le bon grain et l'ivraie...On peut bruler l'ivraie, pas le bon grain de la vie...
Ma bibliothèque a un unique livre rare. Il ya quelque 50 ans, avec pour seuls indices un nom de famille : Mathurin et naufrage, seul le hasard pouvait permettre de trouver un exemplaire du livre que mon père n’avait jamais vu à propos d’un ancêtre d’un grand-oncle. Aujourd’hui une recherche sur l’internet vous livre le texte et la source en plus des liens vers des collections numérisées. C’est incroyable. Le hasard mit ce livre entre mes mains et j’ai pu le montrer à mon père. Une copie numérisée facilement accessible sur un écran d’ordinateur ne pourra jamais donner le même plaisir que celui de tenir entre mes mains cet ouvrage difficilement trouvable. Brûler les livres une fois numérisés ! Je serai poli et ne dirai ce que j’en pense. Selon le témoignage de Solange Mathurin, Napoléon partit vers le grand ouest canadien et on ne sut ce qu’il fut devenu.
Je ne comprends pas l’acharnement de je ne sais quel Barbare à dénigrer et vouer à la destruction les livres et les bibliothèques qui les recèlent. Cela relève, , de la barbarie, le terme désignant des individus qui, ne sachant sou ne pouvant s’exprimer dans un langage intelligible, sont censés balbutier ou baragouiner.
Quel démon vicieux suggère à "l’ennemi des livres et des bibliothèques" de proscrire l’usage des « livres » et des « bibliothèques » ? S’il existe des écrits pervers et néfastes, ce défaut n’entache nullement, l’intérêt et même l’utilité des écrits bénéfiques ou distrayants. Seul un cancre ou un pervers peut dénigrer l’usage du livre et des bibliothèques. L’invention de l’écriture n’a pas manqué de permettre la diffusion et la conservation de propos savants, poétiques, ou simplement amusants. Les guerres et autres imbécilités se sont chargées, hélas ! de supprimer maint livre et mainte bibliothèque ; les avanies du temps qui passe. Aussi Combien d'uvrages ont-ils ainsi diparu. Que reste-t-il des 120 tragédies d’Eschyle et de cellesde Sophocle ou d'Euripide etc. ?
Que les analphabètes laissent en paix les bibliophiles, les bibliomanes et leurs bibliothèques tranquilles, et aussi les libraires de livres récents aussi bien qu'anciens : leur métier ne fait tort aux amateurs de livres et de lectures.
Je n’en dirai pas davantage.
Quel démon vicieux suggère à "l’ennemi des livres et des bibliothèques" de proscrire l’usage des « livres » et des « bibliothèques » ? S’il existe des écrits pervers et néfastes, ce défaut n’entache nullement, l’intérêt et même l’utilité des écrits bénéfiques ou distrayants. Seul un cancre ou un pervers peut dénigrer l’usage du livre et des bibliothèques. L’invention de l’écriture n’a pas manqué de permettre la diffusion et la conservation de propos savants, poétiques, ou simplement amusants. Les guerres et autres imbécilités se sont chargées, hélas ! de supprimer maint livre et mainte bibliothèque ; les avanies du temps qui passe. Aussi Combien d'uvrages ont-ils ainsi diparu. Que reste-t-il des 120 tragédies d’Eschyle et de cellesde Sophocle ou d'Euripide etc. ?
Que les analphabètes laissent en paix les bibliophiles, les bibliomanes et leurs bibliothèques tranquilles, et aussi les libraires de livres récents aussi bien qu'anciens : leur métier ne fait tort aux amateurs de livres et de lectures.
Je n’en dirai pas davantage.
Merci à tous pour ces réactions. Manifestement, ce billet aura au moins eu une vertu : faire parler des bibliothèques. J’avais simplement lancé le sujet - et des voix se sont élevées de toute part pour faire écho au sentiment que j’ai éprouvé à la lecture de cet article. C’est, je crois, une des choses que les livres savent faire de mieux : provoquer des conversations entre ceux qui les fréquentent, et réunir des communautés de pensée, parfois à plusieurs siècles d’intervalle.
En lisant les différents commentaires - et en particulier celui de "BAKOUNINE" - je me suis dit que les bibliothèques trouvaient ici une très belle défense.
"BAKOUNINE", votre texte m’a particulièrement touché. J’ai aimé votre description de la bibliothèque comme une chaîne de regards, et du livre comme un objet non pas possédé mais confié : voilà des mots qui parlent immédiatement au libraire que je suis ! Nous savons bien, vous et moi, que les volumes qui passent entre nos mains ont déjà vécu plusieurs vies avant nous et qu’ils continueront leur route longtemps après. Nous n’en sommes, au fond, que les gardiens de passage. Des gardiens… qui sont peut-être plutôt des bergers, après tout.
Je veux bien croire ce que vous dites : que nous n’en sommes pas encore à ériger des bûchers de livres sur la place publique et que l’article qui a déclenché ce billet visait sans doute à piquer le fétichisme des bibliothèques.
Mais enfin… l’invitation à "brûler nos livres" reste écrite noir sur blanc, et elle m’a tout de même fait lever un sourcil. L’auteur n’attribuait-il pas à une simple posture la place du livre vu comme l’emblème suprême du produit culturel ? À une époque où de nombreux élèves arrivent au bac en ayant plus durablement fréquenté leur Nintendo qu’aucun livre, cet article - et sa supposée boutade - ne m’a pas fait sourire. Moi, j’aime les bibliothèques - toutes les bibliothèques, même fétichistes.
Les livres attendent.
Et pendant qu’ils attendent, ils nous font parler.
Pour un libraire, c’est déjà beaucoup !
Merci à tous - et en particulier à ceux qui ont pris le temps d’entrer dans la conversation - de faire vivre ce blog.
En lisant les différents commentaires - et en particulier celui de "BAKOUNINE" - je me suis dit que les bibliothèques trouvaient ici une très belle défense.
"BAKOUNINE", votre texte m’a particulièrement touché. J’ai aimé votre description de la bibliothèque comme une chaîne de regards, et du livre comme un objet non pas possédé mais confié : voilà des mots qui parlent immédiatement au libraire que je suis ! Nous savons bien, vous et moi, que les volumes qui passent entre nos mains ont déjà vécu plusieurs vies avant nous et qu’ils continueront leur route longtemps après. Nous n’en sommes, au fond, que les gardiens de passage. Des gardiens… qui sont peut-être plutôt des bergers, après tout.
Je veux bien croire ce que vous dites : que nous n’en sommes pas encore à ériger des bûchers de livres sur la place publique et que l’article qui a déclenché ce billet visait sans doute à piquer le fétichisme des bibliothèques.
Mais enfin… l’invitation à "brûler nos livres" reste écrite noir sur blanc, et elle m’a tout de même fait lever un sourcil. L’auteur n’attribuait-il pas à une simple posture la place du livre vu comme l’emblème suprême du produit culturel ? À une époque où de nombreux élèves arrivent au bac en ayant plus durablement fréquenté leur Nintendo qu’aucun livre, cet article - et sa supposée boutade - ne m’a pas fait sourire. Moi, j’aime les bibliothèques - toutes les bibliothèques, même fétichistes.
Les livres attendent.
Et pendant qu’ils attendent, ils nous font parler.
Pour un libraire, c’est déjà beaucoup !
Merci à tous - et en particulier à ceux qui ont pris le temps d’entrer dans la conversation - de faire vivre ce blog.


